REPORTAGE : Casse d’Adjamé / La vérité sur le marché noir des véhicules

Les ferrailleurs créent d’interminables embouteillages et désordre sur l’autoroute d’Abobo-Adjamé. (photo: FOFANA SEKOU)

La casse d’Adjamé disparaitra-t-elle  un jour ? Rien n’est sûr. Incendiée à maintes reprises, ce marché noir des pièces automobiles a refait surface. Même l’incendie déclaré aux premières heures de la crise postélectorale n’a rien changé. Et les ferrailleurs sont revenus sur les lieux. Le marché s’étend même jusqu’au niveau du quartier Banco dans la commune d’Abobo. Des hangars et autres garages de fortune ont été installés de part et d’autre de la voie. Une situation qui pourrait traduire une sorte de défiance des autorités compétentes. La casse d’Adjamé renaît donc.

 Tous les jours, les automobilistes et surtout les weekends, défilent dans ce marché noir à la recherche de pièces de rechange. La casse d’Adjamé est fréquentée par les propriétaires de Wôrôwôrô, véhicules personnels et même de cylindrées. Ces derniers bravent les agressions pour se procurer les pièces dont ils ont besoin pour leurs véhicules et à moindre coût. Les ferrailleurs livrent une concurrence déloyale aux sociétés agréées qui sont parfois obligées de fermer parce que les clients préfèrent se ravitailler au marché noir. Bien qu’étant un nid de bandits, la casse apparaît donc comme un mal nécessaire pour certains.

La casse d’Adjamé expose aujourd’hui les usagers à de grands dangers. (photo: FOFANA SEKOU)

 Le constat est triste. A Abobo-Banco, les ferrailleurs sèment le désordre. Les deux côtés de l’autoroute sont envahis par les véhicules des clients à tel enseigne qu’ils ont rétréci la voie. Partout des garages autos  de fortune. Sans oublier les nombreux morceaux de fers  qui jonchent la chaussée. C’est le désordre et la cacophonie dans ce haut lieu de la Mafia. L’on se croirait dans un marché installé sur cette voie. Là-bas, la priorité est maintenant aux piétons et aux clients  pièces à rechange qui disputent à longueur de journée avec les ferrailleurs. Ces revendeurs de pièces à rechange règnent en maître dans ce lieu. Certains même n’hésitent pas à installer leurs magasins (containers) de pièces à rechange entre au milieu de la voie comme on le constate à Adjamé précisément au carrefour Abobo non loin de la gare de gbaka de yopougon. Sans crainte, le propriétaire de cette caisse de pièces autos au milieu de la voie.

Un marché noir à ciel ouvert s’est véritablement installé sur l’autoroute d’Adjamé-Abobo. Cela pose d’énormes désagréments aux usagers qui attendent  au quotidien des heures dans des embouteillages monstres au niveau d’Abobo-Banco. Par la faute  des ferrailleurs, les uns et les autres accusent un retard pour se rendre dans leurs lieux de travail respectifs. Les agents régulateurs ont signé forfait. Que les autorités trouvent une solution définitive au problème de la ferraille d’Abobo-Banco qui ne fait que perdurer. Car il met à mal la politique d’émergence du pays  prônée par le chef de l’Etat et son gouvernement.

Fofana Zoumana

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