Interview / M. Jean-Yves Abonga (Porte-parole du collectif des candidats requérants de la MUGEF-CI) : «M. Zinda Sawadogo, a fait de cette élection une élection nationale en autorisant des fonctionnaires de quitter leurs régions d’exercice pour venir voter dans une autre région »

Le 24 septembre 2017, l’élection des délégués régionaux pour le renouvellement des instances de la Mugef-ci  a eu lieu sur toute l’étendue du territoire national. Au vu  des résultats proclamés  par le président du comité national électoral M. Zinda Sawadogo jugés avec beaucoup d’irrégularités et émaillés de fraudes, M. Jean Yves Abonga porte-parole du collectif des candidats requérants issus des échéances de sections  électorales de Côte d’Ivoire  qui, par ailleurs a été candidat dans la circonscription électorale de Dabou s’est ouvert à Woroba. Net. Dans cet entretien  il donne les raisons qui ont motivé la liste Union-Solidarité-Espoir à déposer une requête auprès des juridictions compétentes.  

 

M. Jean-Yves Abonga (Porte-parole du collectif des candidats requérants de la MUGEF-CI) 

Après la proclamation définitive des résultats aux élections des délégués de la Mugef-ci par le président du comité national électoral, La liste Union-Solidarité-Espoir conduite par le PCA sortant Soro Mamadou, a déposé une requête en justice. Pouvez-vous nous donner les raisons de cette requête ?

Après les élections du dimanche 24 septembre dernier, il y a eu d’abord la proclamation des résultats provisoires qui a entrainé deux recours. Un premier du groupe Union-Solidarité-Espoir et un second d’une autre liste qui  est  la liste des Rassemblements. Il faut simplement  indiquer  qu’on a constaté que ce scrutin a été entaché par beaucoup d’irrégularités et de fraudes. Il était donc important pour nous avec des preuves de faire un recours gracieux auprès du comité électoral national conformément aux dispositions en vigueur à l’effet d’annuler ce présent scrutin. On avait espérer que ce comité dans un sursaut d’orgueil allait se ressaisir et accorder un avis favorable au recours. Mais quand on a eu copie de la décision  motivée  qui expliquait les raisons pour lesquelles notre recours était non fondé, on a été conforté dans l’idée qu’il existait une collision évidente entre la commission nationale électorale, le directeur générale de la Mugef-ci au vu donc des écrits. Ayant donc achevé la procédure de recours en interne au niveau de la Mugef-ci, le président Zinda ne nous a laissé d’autre choix que de saisir les autorités compétentes à l’effet d’éclairer les nombreuses zones d’ombre qui ont été constatées lors du scrutin. Figurez-vous que  pour ce scrutin qui s’est déroulé le dimanche 24 septembre dernier, on n’a pas eu un listing électoral fiable.  On  nous a annoncé un chiffre sur la liste  publiée  par le comité électoral sur le site électoral de la Mugef-ci de 319 000 inscrits.

Et quand le président lui-même a annoncé officiellement les résultats, il a annoncé un chiffre de 316 000 inscrits.  Donc un écart  de 3000 inscrits. Quand nous même on a fait le cumul du nombre inscrit par bureau de vote et par région ce nombre a encore triplé. A Abidjan, on s’est retrouvé à 177 000 inscrits. A Dabou pour 8 bureaux de vote seulement qui ont été donc combinés, on était  à 353 000 inscrits etc… Donc ce listing n’était pas fiable et viable. Pourtant le comité a reçu les moyens nécessaires pour produire cela. Et je vous le dis, nous en une journée, on a établi ce  listing par région par section électorale.  Alors, on ne comprend pas. Pourquoi ce manque de volonté de leur part de produire un listing conformément au guide électoral ? Pourquoi ce comité électoral national a décidé par devers lui de fouler au pied un certain nombre de dispositions de ce guide électoral que je tiens ici en main.  Pourquoi ce comité prend des décisions de son propre chef alors que ce guide là a été adopté par une assemblée générale. Je cite l’article.  Le présent règlement ne peut être modifié que par l’Assemblée générale. L’article 29 le précise. Donc un individu fut-il avocat ? Fut-il un représentant de ministre au sein de cette commission électorale nationale ? Fut-il un neveu de ministre ne peut décider de faire entorse à ce qui engage la Mugef-ci. Nous avons  réussi à identifier plus de 21 violations de ces dispositions de ce guide électoral. Face à ces interrogations qui sont nombreuses, on a saisi la justice afin que la justice nous éclaire. Face à ces interrogations qui sont nombreuses, nous avons décidé de saisir la justice afin qu’elle puisse nous éclairer. Comme nous sommes des hommes de droit dans un Etat de droit, on utilise donc la voie légale qui est donc une plainte qu’on a déposée. Une audience de fond  est prévue le 26 octobre prochain. On a aussi déposé un recours en referee. Ce matin même l’audience a eu lieu et  a été renvoyée pour le mardi prochain où le juge va délibérer et donner la décision.

 Pour que justement l’assemblée générale du 25 prévue par le comité électoral soit suspendue à l’effet de vider le fond. Que la justice se prononce pour dire est-ce que le président Zinda Sawadogo avait le droit de fouler au pied ces dispositions. Est-ce qu’il avait le droit d’aller annoncer  sur des chaines de la  télévision ivoirienne que les fonctionnaires électeurs  pouvaient choisir la section de leur choix. Alors que c’était une élection des délégués régionaux. Et ce même comité nous a produit des documents qui présentent la répartition des délégués par région. Quand on regarde attentivement le document  à Abidjan on a environ 146 délégués pour 154 176 électeurs. Quand vous prenez le Grand Pont où moi j’étais, sur 1 143  électeurs inscrits sur la liste pour 6 délégués. Donc c’est connu. Pourquoi le président Zinda Sawadogo a fait de cette élection une élection nationale en autorisant que des fonctionnaires quittent leurs régions d’exercice pour venir voter dans une autre région. C’est à ces questions je pense qu’il faut qu’on réponde. Aujourd’hui  j’entends des gens dire que  ce sont des mauvais perdants. S’ils étaient à notre place ils  auraient  fait  la même chose. On a le devoir de faire en sorte que les élections au sein de cette grande mutuelle  soient démocratiques, transparentes et équitables pour que  ceux qui sont élus à l’issue de ce scrutin aient la caution de l’ensemble des fonctionnaires afin de mettre en œuvre leur programme. Malheureusement, cette élection n’a pas été une élection transparente, démocratique et équitable.

Pensez-vous que cette requête peut-elle jouer sur l’élection du PCA de la MUGEF-CI  prévue pour le 25 octobre prochain ?

Comme nous  l’avons  indiqué, on a déposé deux plaintes. Une plainte en annulation et pour la reprise aussi des élections dans le fond. En attendant que la justice se prononce sur le fond, on a formulé une requête en referee afin que le juge puisse suspendre toute la procédure actuelle au niveau  de la Mugef-ci afin qu’on vide le fond. Cette audience a eu lieu ce jour et le mardi on va entendre la délibération du juge sur la question. Donc si le juge pense que la procédure doit continuer ou qu’il doit suspendre on le saura.   Il qu’on ait une idée assez claire de la situation.

Avez-vous des arguments solides pour que ce procès soit à votre portée ?

Je pense que dès le dimanche 24 septembre, on a commencé à  recueillir le maximum d’informations pour comprendre ce qui s’est passé. Figurez-vous en 2013, le groupe Solidarité-Espoir avait en son sein un des candidats qui est  parti  de l’autre côté. Mais quand on a fait le bilan à la fin des élections, ils n’ont pas gagné partout en Côte d’Ivoire. Ils ont perdu à Dabou ce même groupe là avec cette même personne. Ils ont perdu à Abengourou et à Bouaflé pour ne citer que ces trois régions électorales. Mais ils n’ont pas eu un score Russe. Comme c’est le cas aujourd’hui. Pourquoi aujourd’hui où tout un rassemblement de faitières sont organisées et c’est en ce moment-là qu’un petit groupe fait razzia sur l’ensemble du territoire ivoirien. C’est pourquoi nous disons clairement que les agissements du comité national électoral  dirigé par M.Zinda Sawadogo ont concouru à faire en sorte que cette élection ne soit pas  transparente, démocratique et équitable. C’est pourquoi nous sommes confiants parce que nous avons les faits. Nous savons  que des non fonctionnaires ont voté. Nous savons que le président Zinda qui avait annoncé la fermeture à 17 heures  des bureaux de vote  nous a produit un autre document pour dire que c’est à 18 heures.  Quand on ferme à Abidjan à 17 heures à Dabou on ferme à 18 heures. Au vu de tout  ça le juge va  se prononcer avec les preuves que nous avons.

Votre message à l’endroit des mutualistes et des populations ivoiriennes qui souhaitent que cette élection soit crédible et démocratique ?

Je demande aux membres de la Mugef-ci et à la population ivoirienne d’être sereine. On a choisi  la voie légale. On aurait pu utiliser d’autres moyens. Je leur demande de rester à l’écoute parce qu’on a le devoir de faire en sorte que nos élections s’organisent correctement. Il faut qu’on arrête de mettre en place une technologie pour mettre à la tête de notre structure  des personnes pas choisies par des fonctionnaires. Aujourd’hui là, il faut qu’ils sachent qu’on n’accepterait pas ça. On va faire en sorte qu’à la Mugef-ci la procédure de désignation des leaders  de la Mugef-ci se passe dans la transparence et dans la démocratie. C’est ce combat que nous menons actuellement. Aux autres candidats des autres listes qui partagent le même avis que nous, on leur lance un appel pour qu’ils nous rejoignent très rapidement. C’est ce combat noble que nous menons afin que la Mugef-ci qui est notre seul outil de solidarité puisse fonctionner de manière démocratique et transparente.

Interview réalisée par Fofana Zoumana

Photo : Fofana Sékou

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