Côte d’Ivoire / Licenciement à l’Agence Emploi Jeunes : L’IFCI dénonce l’attitude du ministre Sidi Touré

Après le licenciement des travailleurs de l’Agence Emploi Jeunes, l’IFCI déclare: » Les négociations ont échoué. Le ministre Sidi Touré a déchiré la trêve sociale. Il sera tenu responsable d’éventuelles ébullitions du front social. » Déclare le porte-parole.

L’Intersyndicale des Fonctionnaire de Côte d’Ivoire est montée au créneau suite au licenciement définitif des 80 travailleurs de l’Agence Emploi Jeunes. Au cours d’une conférence de presse tenue le  dimanche 14 janvier dernier, son porte-parole, M . Jean Yves Abonga a dénoncé sans ménager ses propos l’attitude du ministre de tutelle de ladite structure en charge de l’emploi des jeunes.

En effet, suite à sa déclaration et répondant aux questions de la presse, il s’est offusqué et s’est dit indigné à cause de la supercherie orchestrée par le ministre alors que les négociations étaient en cours : « Face à cette situation, l’IFCI veut dénoncer le refus obstiné de dialoguer du ministre Sidi Touré déchirant ainsi la trêve sociale et le tiendra responsable d’éventuelles ébullitions du front social qui pourraient en découler.

Pendant que les négociations étaient en cours, il passait par derrière pour saper la conciliation qui était mise en place. Un républicain ne peut pas accepter qu’on viole la constitution qui est mise en place. Nous avons noté une coïncidence troublante le 15 décembre 2017 : le licenciement des agents, les mutations des 41 fonctionnaires et le recrutement de 40 personnes.

La mission du ministre Sidi Touré est de trouver des emplois pour la jeunesse et non de les détruire ! » A-t-il  a attiré l’attention du Premier ministre afin qu’une solution soit trouvée.

Zoum De Lataisso

La déclaration de l’IFCI :

Mesdames et messieurs les journalistes, je voudrais d’entrée de jeu, vous remercier pour votre présence cet après-midi. Nous voici à notre troisième conférence de presse relative à ce qu’il est convenu d’appeler ‘’l’affaire de licenciements abusifs à l’Agence Emploi Jeunes’’.
L’Intersyndicale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire l’IFCI, a été saisi par le Syndicat national des Agents de l’Agence Emploi Jeune (AEJ) depuis novembre 2017. Et nous avons par la suite animé une conférence de presse pour informer l’opinion nationale et internationale.
Pour rappel : le 20 septembre 2017, 80 travailleurs de l’Agence Emploi Jeunes ont été licenciés abusivement. Dès cet instant, les agents licenciés et l’Intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire se sont résolument inscrits dans une dynamique de dialogue et de réconciliation aux fins de trouver une issue heureuse à la crise conformément aux dispositions portant trêve sociale. »
C’est ainsi que nous avons saisi par courrier daté du 27 novembre 2017 le ministre Sidi Touré afin qu’il puisse nous recevoir pour aborder la question. Malheureusement, ce dernier n’a pas daigné recevoir l’IFCI. En lieu et place, ce fut l’administrateur de l’Agence Emploi Jeunes qui se chargea donc de répondre à ladite demande d’audience. Nonobstant ce vice de procédure et de forme, l’IFCI s’est tout de même résolu à amorcer la conciliation et la négociation avec l’administrateur de l’Agence Emploi Jeunes. Après plusieurs rencontres, il faut aujourd’hui avoir le courage de le dire, les négociations ont échoué. En effet, les fonctionnaires de l’Agence Emploi Jeunes mis à la disposition de la Fonction publique en violation de toutes les dispositions réglementaires qui prescrit qu’il faut introduire un dossier auprès du conseil de discipline. Et c’est le conseil de discipline qui donne son accord au ministre de la Fonction publique ou au ministre technique de mettre à la disposition les fonctionnaires de la Fonction publique., E violation de ces dispositions, ces fonctionnaires ont fort heureusement été refusés par la fonction publique qui a donc demandé au Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes de récupérer ces fonctionnaires ? Ces derniers ont tous été réaffectées depuis le 15 décembre dernier et de manière punitive dans les directions régionales du dudit Ministère.
Certains ont été mutés dans la région du Bounkani, d’autres dans le Guemon, d’autres dans le Folon, dans le Tchologo. 41 fonctionnaires parce qu’ils ont fait grève et ont été donc mutés et de manière punitive dans ces régions.
Pendant ce temps, les contractuels se sont vus payés leurs droits. Et figurez-vous, une personne qui a une ancienneté de de 20 ans, 8 mois et 23 jours, il a perçu comme droits, 966 000 FCFA. Tous ces actes ont été posés pendant que nous étions en négociation avec l’administration de l’Agence Emploi Jeunes. Hors, l’IFCI dans sa démarche, voulait trouver une solution négociée qui consisterait donc à réintégrer les concernés et à trouver une solution définitive aux revendications syndicales formulées par eux. L’AEJ est même allé plus loin en procédant à de nouveaux recrutements. Certains agents ayant 15 ans d’expérience, ont été remplacés par des jeunes qui viennent à peine d’avoir le BTS. Et c’est ceux-là qui vont travailler à trouver des emplois pour les jeunes ivoiriens.
En définitive à travers tous ces actes, on comprend donc que le ministre Sidi Touré veut indiquer à l’opinion nationale et internationale, mais aussi aux travailleurs de Côte d’Ivoire, que revendiquer ses droits est illégale et est une ‘’faute lourde’’.
Face à cette situation, l’IFCI veut dénoncer ici le refus obstiné de dialoguer du ministre Sidi Touré, déchirant ainsi la trêve sociale et le tiendra responsable d’éventuelles ébullitions du front social qui pourraient en découler. Interpelle le Premier ministre, chef du Gouvernement pour que les 80 agents de l’Agence Emploi Jeunes soient réintégrés. Il s’agit de pères et de mères de familles qui ont passé une fin d’année difficile et certains sont mêmes de grands malades.
L’IFCI appelle tous les travailleurs de Côte d’Ivoire partout où ils sont à se dresser comme un seul homme face à cette entrave à la liberté de revendiquer qui est reconnue par la constitution ivoirienne, qui est reconnue par le statut général de la fonction publique et qui est reconnu par le code du travail. Ne pas le faire aujourd’hui, c’est accepter, accepter de mourir. L’IFCI se réserve le droit d’utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour que cette injustice soit réparée.

Je vous remercie !

Laissez un commentaire